En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies vous proposant des contenus adaptés et améliorant votre navigation. En savoir plus

INTERVIEW LADAMENROUGE

I want frnch letter
15 février 2016 #interview #LADAMENROUGE #streetart

Artiste atypique œuvrant dans les rues de Saint-Etienne deouis plus de 10 ans, Ladamenrouge revient pour nous sur son parcours et nous parle de sa démarche artistique

 

Pourrais-tu nous dire pour commencer d'où vient ton pseudo : Ladamenrouge ?

 

LDR : Cela remonte à très loin dans le temps, de l’ordre de quelques années. J’ai commencé à faire de la photo et plus précisément de l’URBEX, c’est à dire de l’Urban explorer. J’errais un peu partout, mais surtout dans des usines désaffectées et dans des édifices abandonnés en prenant des clichés.

 

La contrainte consistait à réaliser des photos que je travaillais ensuite sur ordinateur via un logiciel de retouche d’images, en ne laissant apparaître qu’un liseré rouge sur un fond noir et blanc. En anglais cela s’appelle « spot colored » et il y a de nombreux sites sur Internet qui traitent de cet effet. J’ai pris tout naturellement le pseudo « LADAMENROUGE » vu ce travail particulier.

 

Depuis, j’ai abandonné cette technique, mais j’ai conservé le surnom quand j’ai versé dans le street art. En fait, en pratiquant le détournement urbain, je j oue sur l’ambiguïté… jusqu’à mon pseudo.

 

 

Comment trouves-tu ces lieux urbains qui sont tes sources de création artistique ?

 

C’est au feeling, mais cela nécessite un repérage auparavant. Il suffit de déambuler à Saint-Etienne ou dans tout autre milieu urbain pour trouver l’inspiration sur le trottoir ou sur les murs en fonction des aspérités ou difformités de la matière, et aussi il faut tout simplement que cela fasse « tilt ». J’ai toujours mon appareil photo et un mètre dans mon sac à dos. Je prends un cliché des lieux, puis je travaille sur ordi en faisant des essais et si cela me convient, j’aborde la phase réalisation…. Je fonctionne le plus souvent de cette manière.

 

L’inconvénient est que, entre la phase découverte des lieux et la réalisation du projet, l’environnement peut changer très vite voire disparaître ! L’expérience m’a fait devenir plus pragmatique et je travaille avec plus de rigueur et de rapidité qu’auparavant : aborder un seul projet à la fois et s’en tenir là jusqu’à la réalisation, puis passer au suivant.

 

 

 

De quelle façon réalises-tu tes œuvres, sur quels supports ?

 

C’est variable en fonction de la rencontre sur le terrain. Cela peut aller du détournement de panneaux de signalisation, par exemple j’ajoute au panneau existant une pancarte en bois avec un slogan. Ou bien je créé des faux panneaux que je peins et customise… Ou bien encore directement au sol à la bombe. Je réalise quelques collages avec du papier kraft blanc sur les murs. Je m’adapte à tout.… 

 

Quant à la réalisation, je travaille beaucoup avec des pochoirs en papier cartonné que je pose directement au sol. J’essaye de minimiser mes gestes lors de la réalisation pour gagner du temps, cela nécessite un travail en amont avec des mesures précises et une vérification, puis essai du matériel pour éviter les surprises sur le trottoir. Là aussi c’est l’expérience qui parle. Les débuts ont été un peu laborieux ! Dans mes œuvres, j’essaye de donner un peu de couleurs à la ville et à la vie. 

 

Je crée ou recrée sur de l’existant pour dévier le but premier et interpeller le passant. Je compose avec les difformités ou aspérités du trottoir, je pose des yeux sur des arbres ou des éléments au sol pour former des visages (technique du eye-bombing). Je me considère vraiment à la frontière du street art et une partie de mon œuvre s’assimile plus à de la poésie urbaine.

 

 

 

Quels sont tes prochaines idées de créations et les éventuels lieux de tes prochaines installations stéphanoises ou en métropole ?

 

A mon âge, je suis un peu fatigué de « faire le trottoir » ! Les grands collages m’attirent, mais cela nécessite des locaux adaptés pour travailler et pour le moment je ne dispose que d’un petit garage de 10m²... que je partage avec ma voiture. Je n’ai pas d’idées précises sur mes futures créations voire du lieu, car je fonctionne sur un délai d’environ 15 jours d’une œuvre à l’autre. Je crois qu’avec le temps, mon style (si j’en ai un !) est en constante évolution. Faire des tableaux façon street-art m’attire ainsi que des réalisations en art contemporain… mais cela nécessite non pas un garage, mais un hangar !

 

 

 

As-tu des expositions prévues dans des galeries ?

 

L’intégralité de mes œuvres se trouve sur les trottoirs ou sur les murs, et je me vois mal les découper à la disqueuse pour faire une exposition ! De plus mes oeuvres dans la rue sont soumises au vol ou aux dégradations, donc je ne possède rien si ce n’est des clichés partagés sur les réseaux sociaux. On m’a déjà contacté pour remplir un lieu de mes créations, j’y ai mis avec difficulté quelques toiles, car, comme je joue avec ce que je trouve, les grands espaces vides se prêtent mal à mon imagination.

 

 

 

Quelles sont les retombées artistiques et ou économiques de tes créations ?

 

J’utilise les réseaux sociaux (Facebook/Tumblr/Twitter/Pinterest/Instagram...) pour me faire connaître, c’est un bon moyen d’auto-promo. Concernant les retombées économiques, c’est simple : je fais de l’art comptant pour rien et je vis dans un éternel désastre marketing ! Je fais le trottoir, et je ne me fais pas payer (rires) ! Bref, comme je ne demande aucune subvention, donc, je n’en ai aucune. Au mieux, dans quelques centaines d’années, des archéologues en arts plastiques et histoire de l’art découvriront quelques une de mes œuvres sur l’asphalte et sortiront un livre sur moi. D’ici-là, j’ai intérêt à laisser beaucoup de traces de mon passage !

 

 

 

Connectez-vous pour pouvoir commenter cette news.

Connectez-vous !